EDITO / 21-05-2007 / Félix Patiès : Hyperpersonnalisation
Par Félix Patiès, rédacteur au webzine des élèves du lycée madame de Staël , Montluçon (03)
Force est de constater que Sarkozy est en train de réussir une carrière politique mené de manière magistrale en accédant à 53 ans à la présidence de la république.
Sa première réussite est d’avoir réuni les 3 droites: les légitimistes, les bonapartiste, les orléanistes. La tendance légitimiste est celle qui, actuellement, correspond au Front national : Sarkozy a su séduire cet électorat en jouant avec les symboles du FN (Jeanne d’Arc) et ses idées (l’amalgame entre identité nationale et immigration). La droite bonapartiste est caractérisé par un patriotisme affiché et le besoin de personnifier le besoin de pouvoir en un chef autoritaire et dynamique. Les orléanistes sont les libéraux et sont aujourd’hui au centre. Sarkozy a su faire la synthèse à droite et il s’est imposé depuis son élection en 2004 à la tête de l’UMP comme l’homme de toutes les droites.
Il a également très bien compris la puissance et l’importance des partis, qui sont aujourd’hui de véritables machines à gagner et conçu uniquement dans le but de porter un homme. Or son élection à la présidence de la république, il ne peut plus assumer la présidence de son parti. C’est pourquoi, il va mettre en place une direction collégiale selon le vieux mais toujours aussi efficace principe du « diviser pour mieux régner ». Il y ajoute quelques hommes de confiance et muselle ainsi le parti.
Dans la catégorie « je divise pour mieux régner », je voudrais le Sarkozy « amputeur » de gauche. En effet, le brave homme est en train de considérablement morceler la gauche (déjà pas en forme avec un ridicule 36% des voix au premier tour) en « ouvrant » dans leur direction. Il porte ainsi un coup critique qui met la gauche à mal avant les législatives…En plus de cela, le ministère qu’il concède, est l’un des moins gênant et donc il le donne « de bon cœur » dira-t-on.
Quand au nouveaux ralliés de l’UDF, qui ne sont en fait que des centristes frileux, qui par peur de s’engager dans un nouveau mouvement assure leur arrière en se ralliant au désormais tout puissant Sarkozy. Ce ralliement soudain, leur permettra sans aucun doute de conserver leur siège à l’hémicycle.
En attendant les résultats du 17 juin : on sait déjà que l’on va vers une hyperpersonnalisation du pouvoir et une concentration des pouvoirs à un niveau encore jamais atteint. Le paroxysme de la Ve république ?



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Commentaires
La berlusconisation du pouvoir est en marche. Sarko place son directeur de campagne à TF1. On savait déjà quelles étaient les sympathies de TF1, mais là, ils ne s'en cachent même plus! La berlusconisation du pouvoir est en marche. Reste un ultime recours : les élections législatives, pour ne pas lui laisser tous les pouvoirs.
Postée le: vincent | mai 22, 2007 9:40 PM
c'est drôle, parce que les français ont été parmi les premiers à tenter de se séparer de l'Ancien régime et de la monarchie absolue mais c'est comme si après toutes ces années, nous n'y étions toujours pas arrivés... sacrée Vème république! mais là où c'est vraiment douteux, c'est qu'on peut avoir un Président concentratnt beaucoup de pouvoir mais se tenant à distance des médias mais aussi du monde des affaires... ce qui ne sembla pas être le cas ici... de gaulle avait-il prévu cela?
Postée le: chloé | mai 23, 2007 4:02 PM