EDITO / 22-02-2207 / Antoine Goux, 18 ans : Pourquoi pas Bayrou
Par Antoine Goux, 18 ans, étudiant en droit à Paris X-Nanterre, qui participe au journal lycéen InterPaul (lycée Paul Lapie, Courbevoie) ; il assume ici sa "sympathie" pour François Bayrou mais ne subira pas le même sort qu'Alain Duhamel, l'éditorialiste politique temporairement écarté de l'antenne de France 2 et de RTL pour la même raison;-).
Dans le vide intergalactique qui régit cette campagne, nous assistons à une démonstration d’ennui journalistique. Les médias n’ont rien à dire, les candidats rechignent à donner leurs positions sur tel ou tel sujet de peur de choquer - qui les agriculteurs, qui les défenseurs du nucléaire, qui les buralistes frontaliers. Ceci fait que c’est une suite de petites phrases, de rumeurs, d’effets d’annonce… et pour nous et les journalistes un ennui latent et sans cesse faussement troublé par un suspense politiquement travaillé.
Pour tenter de mettre fin à cette carence d’intérêt, et pour relancer les ventes de journaux ou l’audimat des émissions politiques, on cherche du nouveau. C’est ainsi que, de la même manière qu’au parti socialiste, le manque manifeste d’intérêt suscité par la désignation du candidat avait conduit à l’émergence farfelue et inattendue de Ségolène Royal, la campagne est devenue à ce point insipide que les médias ont contribué à la mise en avant de François Bayrou.
En effet selon moi, cette mode qui consiste à dire qu’on vote Bayrou au premier tour, relève davantage du phénomène médiatique que de la véritable adhésion idéologique. Non pas que je critique le programme de Bayrou, je critique seulement les médias qui encore une fois se contentent de dire “ Bayrou c’est bien ”, plutôt que“ Bayrou, c’est quoi? ”.
Alors, Bayrou, c’est quoi? Moi-même qui suis sympathisant UDF, j’aurais du mal à vous le dire en d’autres termes que ceux de changement, de nouveauté et de rupture. Changement et rupture par rapport à cet antagonisme droite-gauche qui semble dépassé depuis que les gravats du mur de Berlin ont été nettoyés, nouveauté dans la pratique de la politique. Bayrou veut gouverner la France par le truchement d’une coalition réunissant des hommes et des femmes de tous bords, pour construire la politique ensemble, et non plus les uns contre les autres.
Alors bien sûr, tout cela parait bien joli, bien mignon, mais comment on fait en pratique. Le voilà bien embêté François à devoir expliquer comment les choses vont changer concrètement. L’idée parait alléchante, dans un vide intergalactique, où les jeunes politiques comme les moins jeunes politiques nous ressortent des recettes de grand père, nourris par une démagogie affolante, où l’ effet de manche est un incontournable, et la proposition concrète de l’ordre de l’inconcevable. Dans un tel univers politique, il semble donc bien tentant de se laisser aller à la conception centriste excentrique de Bayrou.
Reste alors à savoir si ce coup de pouce des médias n’arrive pas trop tôt, et si François Bayrou saura profiter de son nouveau temps de parole pour séduire les Français avec de vraies bonnes propositions sur les vrais grands sujets.



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Commentaires
Je pense que M.Bayrou incare le changement, avec une nouvelle vision attendu, et l'opposition à ce système devenu sur certains aspects archaïque (pour ceux qui pense qu'il n'a pas de programme attendre son livre début mars). On peut effectivement se demander le rôle des médias dans cette campagne. Ils fabriquent, détruisent. Le son et l'image ont une place extrêment importante. C'est une politique de prestidigitation où la manipulation est requise. éblouir, enflammer les foules est de mode mais pour moi passée. Mais ces grand spécialiste de la politique savent manier ce système médiatique et ce dernier tombe facilement dans le piège. Ils donnent leur viande et les lions se ruent dessus. Parlons aussi des fois où c'est le médias qui est en accord avec le politique et dans ce cas les deux intérêts divergeants sont satisfait. Pernons le cas de la bipolarisation des politiques. Lorsque Bayrou à critiqué ce système sur TF1, il a été appelé par M.Le Lay (dirigeant de la chaîne privée)et dans la discution Le Lay a fait comprendre à F. Bayrou qu'il était pour ce système politique à l'US avec 2 forces qui s'"affrontent" et que de ce fait sa chaîne avait cette vision également. La presse gratuite fait mourrir le véritable et noble médias qu'est la presse écrite en faisant croire que l'information peut être gratuite et en contre parti nous achetons nos produits de consommations largement plus chère, mais le pouvoir de la finance et de l'industrie nous fait sombrer dans un monde où le risque n'est plus permis et où la liberté d'expression est largement entaillée. Cela est encore plus grave losqu'il y a copinage entre le politique et la force industrielle détenant un grand média.
Postée le: raphaël | février 22, 2007 10:57 PM
Bayrou est en train de faire quelque chose de tres intelligent : Il construit quelque chose qui n'existe pas encore en france : LE CENTRE.
Il demontre qu'etre centriste ce n'est pas comme on le pense etre "un peu de droite et un peu de gauche" , mais n'etre "Ni de droite Ni de gauche" , le centre devient donc une alternative concrete (dumoins c'est ce que pensent les centristes)... bienvenue dans le vote contestataire du centriste. Vote contestataire alimente savament par un Francois Bayrou qui se place en victime des "grands mechants medias", et qui crie a qui veut bien l'entendre que droite et gauche c'est la meme chose.
On peut etre d'accord ou pas avec son analyse et sa "super alternative du centre", mais il faut reconnaitre que jusque la, Bayrou defend bien son bout de gras.
Postée le: Jean Massiet | février 23, 2007 6:59 PM
Tu te demandes "comment on fait en pratique". J'ai ma petite idée là-dessus: comme d'habitude! Le centre étant ce qu'il est, il ne pourra être une force motrice, et restera donc ce qu'il est depuis l'avènement des démocraties: une force d'appoint pour la gauche ou, plus génralement en France, la droite.
Sa posture n'est pas antipathique (et plutôt pertinente sur les médias), mais elle reste une posture parce que pour ce qui est du programme, on est dans l'imposture habituelle du centre...
Postée le: Orberose | février 25, 2007 12:39 AM
Réponse rapide à Orberose: On ne peut pas comparer le centre de Giscard et celui de Bayrou depuis 1998 et encore moins depuis 2002. Ce n'est plus la force d'appoint, c'est devenu un réel parti qui apporte ses valeurs. Pour ce qui est du programme, si on appel programme le changement radical de notre société alors aucune personne candidate en a un (sauf les extrêmes sans doute)
Postée le: raphaël | février 25, 2007 7:57 PM
Quelles valeurs? Le libéralisme adoucit par un peu de social? Rien de nouveau!
Une vraie croyance en l'Europe? Il n'est plus le seul!
Changement radical? J'attends des explications, je ne le vois pas!
Force d'appoint, je le maintiens: il ne pourra compter que sur les circonscriptions de droite, où les gens de droite voteront pour lui (mais pas les sympathisants socialistes: il n'y a qu'aux présidentielles que l'on s'accorde des petits dérapages, encore sont-ils à confirmer); d'ailleurs, l'UMP n'a toujours pas placé de candidat dans les circonscriptions détenues par des UDF!!
Postée le: Orberose | février 26, 2007 10:29 AM
C'est donc vrai : personne ne trouve à redire aux propos d'Orberose (auxquels j'adhère). En d'autres termes, l'UDF utilise des mots tendance comme "changement", "clivages", "jeunesse"... mais n'a aucune proposition concrète.
Séduisant de réunir les « bonnes idées » de gauche et de droite ; mais où, à gauche et à droite, Bayrou compte-t-il trouver des collaborateurs ? Et quand l’avez-vous entendu relever une de ces « bonnes idées » ?
C’est bien de porter le nom de démocrate, mais outre l’idéalisme consistant à penser que l’on va faire changer la société par ses institutions, quels choix économiques et sociaux le centre propose-t-il ? Etre au centre, ça reste être assis entre deux chaises. Les politiques de gauche et de droite sont opposées et non conciliables.
Encore faut-il s’entendre sur la définition de la gauche… J’accorde à Bayrou que le PS a été un bon élève de la mondialisation néolibérale jusqu’alors ; c’est même sous Mitterrand qu’elle a triomphé… Si c’est de cette gauche qu’il s’agit, où est la rupture ?
Postée le: Baptiste | février 28, 2007 7:02 PM