LA FRANCE DONT VOUS REVEZ / 23-01-2007 / Anatole, 18 ans : «Sans l’Europe, point de salut»
« La France de demain sera européenne…ou ne sera pas ! Tout seul, impossible de résoudre les problèmes d’environnement ou de croissance. Le temps presse. Nous devons relancer le débat sur l’Europe et se mettre d’accord un projet commun. J’espère que dans dix ans, nous aurons enfin une Constitution et un ministère des affaires étrangères de l’Union Européenne.
D’ici là, pour que les Français se sentent vraiment Européens, le gouvernement doit mieux les informer sur ce qui se passe chez leurs voisins. En montrant des reportages par exemple. La télévision est un vecteur d’éducation efficace. Il nous faudrait une chaîne généraliste de qualité qui s’adresse vraiment aux jeunes. Un peu comme France 5 avec du sport, des émissions politiques, des reportages sur l’environnement, l’actualité européenne, des films en VO… La presse gratuite aussi est une bonne initiative.
Ca incite les jeunes à lire les quotidiens. J’aimerais que l’Etat abonne gratuitement tous les jeunes à l’un des grands quotidiens nationaux.
Comme tout le monde bien entendu, je rêve d’une France sans chômage et sans inégalités. En matière de lutte contre le chômage, on devrait s’inspirer du modèle danois, qui combine une flexibilité importante du marché du travail et une forte protection des chômeurs. C’est plus facile de trouver du travail. C’est aussi plus facile de le perdre. En échange, l’Etat aide les chômeurs en versant des allocations élevées, en encadrant leur recherche d’emploi ou en finançant des formations…
La ville actuelle rime avec ghettoïsation. Cassons les barrières sociales. La règle des 20 % de logements sociaux doit s’appliquer partout. Au lieu de construire des cités, il faut bâtir des petites résidences aérées, réparties un peu partout à travers le tissu urbain. Les populations doivent se mélanger. Certains appartements seront réservés à des familles modestes, d’autres à des personnes âgées ou à des étudiants et le reste à des locataires classiques.
En France, au nom de l’égalitarisme républicain on a tendance à raisonner en terme « abstrait ». On dit : tous les citoyens sont égaux en droits. En réalité, on sait bien que tout le monde ne dispose pas des mêmes chances d’obtenir un emploi ou un logement… Pour combattre efficacement les inégalités, il faut tenir compte des spécificités de chacun et favoriser la discrimination positive. Même si en théorie, je n’y suis pas très favorable, dans les faits ces mesures permettent de promouvoir une véritable intégration.
Cette critique vaut aussi pour le système éducatif. Ca ne sert à rien que tout le monde aille à la fac si c’est pour se retrouver sur le carreau à la sortie. Développons les formations professionnelles, l’apprentissage… Il faut aussi instaurer un examen d’entrée à l’université et mieux orienter les étudiants. En jouant sur la compétitivité, on gagnera aussi en qualité. De même, impossible de garantir la gratuité totale de l’enseignement. Les droits de scolarité doivent être proportionnels aux revenus des familles, comme c’est le cas dans certaines grandes écoles. C’est le prix à payer pour avoir des universités cotées sur le plan international.
Pour relancer la croissance, il faut rendre le travail plus attractif. Moi, par exemple, ça ne me dérange pas de travailler comme un fou pourvu que mon boulot me passionne. Mais pour l’instant, c’est trop rigide. L’idéal serait de pouvoir travailler à son rythme, à la carte. En assouplissant les 35 heures, ceux qui le souhaitent pourraient effectuer des heures supplémentaires. Ensuite, à chacun de composer l’emploi du temps qui lui convient le mieux.
Il faut aussi encourager les Français à faire des enfants. J’ai lu un livre sur le « suicide démographique » de l’Europe. Bientôt on vivra dans un pays de vieux. Ca posera d’énormes problèmes de retraites. Ca risque vraiment de peser sur l’économie. Selon moi, une partie du malaise social actuel vient déjà de là. L’Etat doit développer les structures de garde : crèches, haltes garderies.
Nous n’investissons pas suffisamment dans la recherche. Tous les rapports insistent sur son impact sur la compétitivité. Le rapport de Lisbonne préconise d’y consacrer 3 % du PIB (produit intérieur brut). Le problème numéro 1 vient de l’enseignement supérieur. Tous nos chercheurs s’en vont aux Etats-Unis et au Canada où ils sont mieux payés. Si on veut les retenir, augmentons les salaires !
Développer les recherches en matière énergétique est une priorité. Si nous ne trouvons pas d’alternative aux hydrocarbures, d’ici quelques années nous serons complètement dépendants du Moyen-Orient ! »



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Commentaires
Sans vouloir être méchant, tout ça on le sait déjà. C'est pas un coup de geule, c'est un constat trop connu. Pour ce qui est de la presse gratuite (tu y fais réf), ces journaux essaient de s'en sortir avec les pub mais à terme ils nous rendent abruti, le but du média c'est pas de nous faire savoir, c'est de nous faire comprendre et avant d'avoir des articles de fond dans la presse gratuite, les vrais journaux seront morts.
Postée le: raphaël | janvier 23, 2007 11:52 AM
C'est jojo mais je ne vois pas trop le rapport avec l'Europe.
Il semble que tu ais des solutions à tout, c'est merveilleux ! Mais les solutions clichés sont un peu faciles.
A propos de la natalité : sais-tu que les infos des dernières semaines ont montré que la France est en tête au niveau du nombre d'enfants par femmes ? Justifie tes propos...
Postée le: Baptiste | janvier 24, 2007 1:17 PM